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Ils m'ont adoptée (1)

22/05/2017

Bonjour Mamy,

 

Jeudi soir, je suis allée au cinéma, petit club local à l'administration duquel je participe.  On y projetait "Lion", un film extraordinaire qui raconte l'histoire d'un petit garçon indien, embarqué par erreur dans un train et qui s'est retrouvé à des centaines de km de chez lui, incapable de dire d'où il venait. Il sera finalement adopté par une famille australienne puis, 20 ans plus tard, cherchera à retrouver sa mère, son frère et sa sœur.  Tu me vois venir...

 

Ce film a tellement remué de souvenirs en moi ! Ils ne sont jamais enfouis bien loin, ces souvenirs. Ils sont trop intenses, comme les événements qui les font. J'y replonge souvent. Tu connais ma manie à mettre des pourquoi partout, à chercher du sens à ce que je vis, à me débarrasser de ce que j'appelle mes patterns, ces scénarios familiaux qui m'obsèdent et m'encombrent. Je n'ai pas ta capacité à accepter les choses telles qu'elles sont. Ce don, cette capacité de "sublimer" comme tu disais, ce don que tu avais n'a pas fait partie de mon héritage.

 

Tu te souviens que, petite, je te suppliais de me dire la vérité concernant ma naissance. J'étais tellement convaincue d'être une enfant adoptée, une petite abandonnée dans un fossé que tu, que vous auriez recueillie et adoptée.  À l'époque, on ne disait pas toujours aux enfants "la vérité". Ils l'apprenaient parfois, drame insupportable de la révélation. Je voulais, moi, que tu te sentes tout à fait libre de me la dire, cette vérité que je voulais telle, absolument ! D'où me venait cette obsession ? Je n'ai qu'une partie de la réponse et je te la donnerai un jour. Je sais, depuis longtemps, que je ne suis pas une enfant adoptée, mais je sais aussi que cette obsession a tellement nourri ma vie qu'elle m'a amené à découvrir, à connaître, à accepter les enfants abandonnés ou niés de notre famille, mais qu'elle est aussi à l'origine des mes adoptions à moi.

 

Je regarde en ce moment une photo de toi avec ce petit bout de femme qui est arrivé dans nos vies, un après-midi de canicule africaine et je me souviens...  Cela faisait presque trois ans que j'étais mariée avec K.   Ce mariage avait ravi tout le monde, par son côté exotique, par le charme de mon mari, par le soulagement pour toute la famille d'avoir enfin, officiellement casé la rebelle. Je te redirai plus tard le fond de mon cœur à propos des réserves de certains aux formes du mariage...  Nous voulions des enfants. Je savais, moi, que mon corps n'était pas au top de ce côté parce que je ne prenais aucune précaution et ne m'étais jamais retrouvée enceinte. Tiens, un autre sujet de discussion que nous aurons un jour, la contraception et le risque de grossesse...  J'ouvre de futurs chapitres avec toi, petite Mamy. Il faudra bien un jour que je te dise ce qui a été si difficile pour moi, entre nous.  Mais restons-en au chapitre de ma belle Puce.

 

Lors de nos deux années de vie au Japon, j'ai subi des investigations très pénibles par le froid regard de la science gynécologique locale. Tiens ! un nouveau chapitre...  Quand nous sommes arrivés au Bénin, à Cotonou, pour le travail de K., celui-ci a encore voulu que je vive une petite recherche à la sauce française de la gynécologue en place là-bas. Un traitement sans effet secondaire ni primaire, d'ailleurs : aucun fœtus n'a pointé son nez. Moi, par contre, j'ai exprimé alors un ras-le-bol magistral à toutes ces interventions qui me chaviraient et me laissaient sans enfant, tout à l'aube de mes 40 ans. K. a fini par réaliser à quel point c'était difficile pour moi, même si, au travers de son filtre de Japonais très hermétique aux émotions et aux états d'âme, il comprenait mal ma douleur et mes déprimes. Je crois que, finalement, lui aussi était impatient de se lancer dans l'aventure paternelle et familiale...

 

Je t'ai souvent raconté comment les choses ont commencé. À l'époque, tu vivais déjà les ravages d'une mémoire défaillante et me posais souvent des questions, faisant de toi un bon public puisque je n’avais jamais le sentiment de radoter. J’avais parlé à A., notre amie médecin, une Française émigrée, mariée de longue date à Cotonou, de notre projet d’adopter une fille localement. Quand je lui dis que nous étions prêts, elle a aussitôt appelé une collègue qui travaillait dans la clinique privée de la ville, lui demandant de me signaler l’arrivée d’un enfant abandonné, la chose se présentant quelquefois.  J'avais moi-même rencontré, quelques mois plus tôt, une famille qui avait trouvé son petit en soulevant le couvercle de sa poubelle, un matin… Terrible destinée que celle d’enfants dont la vie commence jetés aux détritus !

 

Tu sais, je n’ai jamais dit ça à personne, mais combien de fois ai-je soulevé le couvercle de ma poubelle dans l’espoir d’y trouver un enfant ? Combien de pas ai-je faits, seule le soir, dans les vons [i], l’oreille tendue, espérant entendre les pleurs d’un enfant jeté là dans le vague espoir de pouvoir le recueillir ? C’est fou, d’imaginer ça. Mais, après des années de vaines tentatives de grossesse, on ferait n’importe quoi, ou presque, pour avoir un enfant.  Et puis, j'ai une histoire, un lien tissé serré avec les enfants abandonnés.  Je sais que tu sais.

 

J’ai rencontré cette collègue qui, elle-même, m’a mise en contact avec Monsieur E. un Béninois sensible et sympathique qui parcourait la brousse à la recherche de ces petits bouts que leur famille ne pouvait élever. Monsieur E. m’a paru un beau bonhomme, très engagé dans la difficulté sociale de son pays, juste désireux de m’aider et d’aider ces enfants pour qu’ils aient une vie meilleure ou une vie, tout simplement. Je lui ai dit, d’emblée, que je ne paierais pas pour avoir un enfant, très convaincue, à l’époque, qu’il y avait assez d’enfants orphelins pour que je n’aie pas à en « acheter » un. C’était sans compter avec la complexité des coutumes et la force convaincante de la corruption. Une corruption à laquelle Monsieur E. n’allait pas échapper, mais ce serait bien après mon histoire avec la Puce.

 

Puis vint le temps de l’attente. Nous avions parlé de notre décision à A. à la fin du mois de juin, rencontré Monsieur E. mi-juillet et j’ai reçu un appel de lui un mois plus tard, me disant qu’il y avait, quelque part vers l’ouest, une petite fille, placée dans un orphelinat et "bonne" pour l'adoption.

- Elle a 14 mois, me dit-il alors, et elle est un peu malade.

- Quand pouvons-nous aller la chercher ? demandai-je, un peu tremblante.

- Quand vous voulez, madame !

 

J'ai aussitôt senti la panique me gagner. J’allais là, le lendemain peut-être, dans les tout prochains jours, en tout cas, rencontrer un enfant, une enfant, qui pourrait devenir ma fille. Comme ça.  Sans préparation, sans rien pour l’attendre à la maison. Sans rien avoir préparé dans mon cœur…

 

J’ai répondu au hasard :

- Ok, Monsieur E., le 3 septembre, c’est possible ?

 

Avec le temps, je réalise à quel point ces 3 semaines que je prenais pour digérer le morceau, pour me préparer, pour réaliser, étaient à la fois énormes et dérisoires. J’avais besoin de ce temps, j’avais besoin d’apprivoiser l’idée, de préparer l’arrivée, de me faire à cette arrivée. La part d’inconnu, l’inconnue qu’était cette petite fille, c’était énorme. Je n’avais pas eu, moi, de temps de grossesse, ce temps où on apprend son enfant, où on le sent, le sait grandir et prendre peu à peu sa place au sein de nos vies.  Alors, trois semaines, c’était si peu pour tout ça ! Je devais réaliser, en découvrant ce bébé, que ces trois semaines avaient été une éternité pour elle…  Nous ne savions alors, si cette enfant serait notre bébé tant attendu. J’avais été prévenue de certaines maladies dont elle pourrait être atteinte, de son éventuel état de santé irrécupérable ou à graves séquelles. Et qui me dirait si cette enfant n’avait pas été abandonnée pour cause de malformation ou de handicap mental évident ou non ?

 

Trois semaines d’angoisse, d’impatience, de questionnements, d’embrasements, le tout dans un mélange inconfortable, dans un maelstrom de sensations tantôt agréables, tantôt insupportables. Cent fois j’ai voulu annuler, cent fois j’ai voulu avancer la date. Ou la retarder.  J’ai acheté un lit de bébé, quelques effets de base, un petit clown en tissu, un livre et un biberon que j’ai juste rempli d’eau avant de partir, le jour J.  Je ne savais que préparer, je ne savais rien ou si peu, concernant cet enfant.  14 mois et un peu malade…

 

J’ai prévenu N., cette médecin de la clinique privée avec laquelle A. nous avait mis en contact, que j’arriverais à son cabinet en fin de journée. Nous savions que la petite attendait à 3 h de route, de piste de Cotonou. Nous sommes partis avec notre chauffeur et Monsieur E. K. avait pris congé et c’est à la fois pleins d’angoisses et d’espoir que nous sommes partis affronter une partie importante de notre avenir de parents.

 

J’ai tout oublié du trajet. Je me souviens, par contre, de tous les détails qui ont suivi notre arrivée. Il y avait bien là, au milieu de nulle part, dans une forêt décharnée et triste, une vague construction en bloc de béton et couverte de tôles rouillées, construction dont l’Afrique a le secret et dont le caractère inachevé étonne toujours.  Il s'agissait visiblement d'une école, de ces nombreuses écoles que l'Occident construit en échange de sa bonne conscience, se créant des marchés dans la construction, imposant sa patte au regard des autres pays, mais oubliant de fournir des enseignants qualifiés et du matériel d'apprentissage...

 

Accotés à la façade de l’entrée principale, sur une petite terrasse, quatre lits cages en fer rouillé étaient alignés avec, dedans, des petits bouts de chou vêtus de chiffons et de misère. Dans le troisième lit, une petite fille, debout, tout sourire, trépignant d’impatience à la vue de cette visite. Je pense tout de suite qu’il s’agit de la petite fille en question. Mais non, ce n’est pas elle.

- « Marie » va venir, on est allé la chercher, me dit mon chauffeur qui est aussi impatient que nous de connaître la suite de l’histoire.

- Marie ? questionnai-je Monsieur E.

- Oui, c’est Marie. Et l’instituteur m’a dit qu’elle n’avait pas 14 mois, mais 9 et qu’elle était un peu plus malade…

 

Terrible continent où l’on apprend foule de choses en peu de mots, comme si elles étaient inscrites dans l’air. Les hommes qui nous accompagnaient n’avaient pratiquement pas échangé depuis notre arrivée, si ce n'est quelques éclats de rire et je me demandais d’où sortaient toutes ces informations : le fait de notre arrivée (il n’y a, dans la brousse, ni électricité ni téléphone ! Mais c'est ça, le fameux tam-tam...), cette petite Marie désignée comme étant celle que nous venions rencontrer, son prénom, son âge, son état de santé, le fait que le lieu en question était une école et pas un orphelinat et quelques autres informations étonnantes.  J’étais bien trop impatiente de connaître ce petit bout qui, quel que soit son destin, aurait, en tout cas, eu à croiser le nôtre…

 

Et elle arriva.

 

Tu sais, maman, la voir là, sans savoir à quoi m'attendre, sans doute au plus beau bébé du monde, ce fut sans doute le plus gros choc de ma vie. Quatre ou cinq personnes entouraient l’instituteur qui portait quelque chose ressemblant plus à une bûche emmaillotée qu’à un enfant.  On l’avait habillée, pour l’occasion, d’un petit haut à peu près correct, une petite robe rose, délavée.  Elle avait, sur la tête, un bonnet de laine qui avait dû être blanc, ligné de bleu.  Je n’ai jamais compris cet engouement pour les bonnets de laine dans un pays où ils doivent seulement servir à éponger la sueur permanente qui colle nos cheveux à la peau de notre crâne et nous coule dans les yeux…  Je comprendrai plus tard ce que cachait ce bonnet !

 

Et on m’a mis l’enfant dans les bras.  Une bûche.  Elle était d’une raideur cadavérique qui me glaça le sang en même temps que je sentais mon cœur se remplir de quelque chose d'indéfinissable. Son visage m’a fait penser à celui de papa au moment de sa mort : un squelette couvert de peau...  Tu parles d'une séduction ! Elle était dans un état, maman, un état qui me provoque encore frissons et sanglots quand j’y repense. Comment est-il possible qu’un enfant, un tout petit qui ne sait rien encore de la vie, ne demandant qu'amour et lait chaud, puisse se trouver dans un tel état de dénutrition, d’abandon, de manque de tout ? Je ne savais qu’éprouver. Mon cœur de femme, de future mère, saignait abondamment. Mon cerveau primitif criait un gigantesque « non » ! Mais les sourires qui m’entouraient eurent raison, très vite, de mes réserves. Cette petite fille qu'on m'avait mise dans les bras et qui ressemblait à un petit singe ne pouvait me laisser indifférente et ce qui se passa alors est indescriptible. C’est une sensation qui tient la fois de l’électrochoc, quelque chose qu’on ne peut ni nommer ni identifier. On ne peut même pas dire si c’est agréable ou insupportable.  Mais il se passa quelque chose.

 

Je me sentis pourtant envahie, à cet instant, d'un sentiment de grande urgence : apporter au plus vite cet enfant à l’hôpital et lui donner les soins qu’à l’évidence, il fallait lui donner. Les palabres habituels de remerciements et d’hommage m’insupportaient. J’étais furieuse, en fait, furieuse de découvrir un enfant dans cet état, furieuse que des enfants en cet état existent et furieuse de devoir saluer et remercier ceux qui, pour moi, à cet instant, avaient permis qu’existe un enfant dans cet état.  J'oubliais alors que ceux que j'avais en face de moi étaient plutôt ceux qui avaient permis, maladroitement sans doute, qu'elle soit toujours en vie.  J'avais juste hâte d'agir, de faire quelque chose, de tenter l'impossible, moi qui avais tant voulu retarder, repousser le moment de la rencontre...  A cet instant, il n'y avait plus une minute à perdre.

 

Je ne sais plus trop comment nous nous sommes retrouvés avec ce petit bout de survie, sans bagage, assis côte à côte dans la voiture, la petite étendue sur mes genoux, face à moi. Je remarquai alors qu’elle n’avait pas encore lâché mon regard depuis qu'elle avait abouti dans mes bras et que ces deux yeux, énormes, noirs, fixes et profonds, c’était tout ce qui restait de vivant chez ce petit être si décharné, si misérable. Je me sentais tellement stupide avec mon petit clown, ce livre ridicule et ce biberon qui ne contenait que de l’eau. C’est tout ce que j’avais à lui offrir, incapable de lui offrir mon cœur de mère. Non ! pas encore !

 

Nous ne nous sommes pas lâchées, l’une et l’autre, pendant les trois heures qu’a pris le retour à Cotonou.  Malgré les chaos, malgré les questions, celles des autres, les miennes. J’étais estomaquée, tellement chavirée par ce petit visage croûté, ce petit crâne recouvert de plaques blanchâtres que cachait soigneusement le bonnet de laine, par ces grands yeux noirs qui ne bougeaient pas, mais qui étaient si vivants, si intenses, presque intrusifs.  Ces yeux me dévoraient et voulaient tant me dire…  Je sentais la totale présence de K. à côté de moi, tout aussi bouleversé, mais incapable de faire autre chose que de répéter : "incroyable, incroyable !"

 

Nous avons franchi les portes de l’hôpital et N. nous attendait, un grand sourire irradiant sur tout son visage. Elle savait, elle, tout ce que je ressentais, tout ce que je vivais… Elle m’a fait asseoir, la petite sur les genoux et m’a demandé de la déshabiller, ce que j’ai fait, tremblant, touchée, concentrée, découvrant une petite fille entière que j'avais peur de casser, une petite fille d’une maigreur incroyable, extrême, avec un ventre énorme, plus gros que sa tête. Et quand je l’ai assise sur mes genoux, le dos bien calé contre mon ventre et ma poitrine, elle a fait pipi sur moi…  J’ai su, à cet instant, ne me demande pas pourquoi, mais j’ai su que je tenais là ma fille, ma petite fille à moi. Elle avait marqué son territoire et elle allait l’occuper pour toujours !

 

L’examen que fit alors N. devait nous révéler l’enfer dans lequel ce petit bout de femme se débattait depuis des mois.  Elle avait, en réalité, un peu plus de 9 mois (nous avions reçu son acte de naissance) et pesait 3 kg et 50 grammes, soit un peu moins de 7 livres, un petit poids de naissance.  Un petit pois.  Ses bras et ses jambes ressemblaient à mes doigts, guère plus épais. Sa raideur était due à une totale déshydratation (elle avait pourtant bu tout le biberon dans la voiture…).  Si elle avait un peu pleuré quand N. me l’avait enlevée pour l’examiner, elle n’avait pas la moindre larme, aucun tonus, un petit filet de voix fatiguée.  Sur le ventre, elle était incapable de pousser sur ses bras.  Assise, elle ne l’était pas plus de tenir sa tête.  Les plaques blanches, sur la tête, c’était la gale et le ventre, des myriades de vers.  Elle avait sans doute aussi une hépatite et du palu; elle était brûlante de fièvre ! Pour éliminer la possibilité du sida, il faudrait attendre le résultat d'un test.

 

K. ne voulait pas d’une enfant atteinte de cette terrible maladie encore teintée, à l'époque, uniquement de mort et de souffrances dégénératives.  Il ne voulait pas non plus d’un enfant déficient. J’étais plus nuancée, mais comprenais bien cette exigence. Nous avions l’un et l’autre 40 ans et n’étions plus prêts à nous engager dans une histoire lourde de charges.  

 

Mais tu vois, Mamy, le pire, à ce moment-là, c’est la question : « si cette enfant a une malformation ou une déficience ou si elle est atteinte du sida, qu’en faisons-nous ? Nous la laissons là ? Nous la ramenons dans la brousse ? Nous allons la déposer dans un orphelinat  ou une école de brousse en faisant office ? » Ces questions me torturèrent aussitôt. Une petite voix, au fond de moi, me disait déjà, lui disait déjà, que je ne l’abandonnerais jamais…  Il faudra qu’un jour, toi et moi, nous discutions de l’abandon et des origines familiales de ce syndrome.  Encore un autre chapitre…
 

Je suis fatiguée, petite Mamy, toute à l’émotion de ces souvenirs. C’est la première fois que je les raconte d’une traite, avec ces détails de mes états d’âme. Merci de m’avoir écoutée, une fois encore.  Je te reviens vite pour la suite, à peine plus rose…

 

[i] Nom donné aux rues non asphaltées au Bénin

 

Une fille qui parle de sa fille à sa mère...

B.

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